La lutte contre l’illettrisme est une priorité du Rotary

Joël Bessiere, Maurice Collin et le club de Bourgoin la Tour du Pin ont remis au Centre de détention de Saint Quentin Fallavier 300 dictionnaires Larousse.

Joël Bessiere, Maurice Collin et le club de Bourgoin la Tour du Pin ont remis au Centre de détention de Saint Quentin Fallavier 300 dictionnaires Larousse.

160 000 enfants quittent chaque année le CP sans maîtriser la lecture et l’écriture. Ils perdent ainsi toute chance de réussite scolaire dès l’âge de 6-7 ans et la plupart ne s’en remettront pas.
Nous pensons à ces jeunes prêts à exploser à la première vexation, au premier « manque de respect » comme ils disent. Leurs parents et leurs maîtres n’ont pas su leur transmettre la capacité de mettre pacifiquement en mots leur pensée pour l’autre.

L’illettrisme accompagne et aggrave l’exclusion.
Il rend vulnérable face à des discours intégristes.
Une langue pauvre en vocabulaire est une cause de violence.
Plus de 20 % de la population française ne possède qu’une langue réduite dans ses ambitions et dans ses moyens : 600 à 800 mots, quand il nous en faut en moyenne 5 000 à 6 000 pour accepter et comprendre nos différences.

On juge une civilisation sur la façon dont elle s’occupe des plus démunis, notamment des détenus. Il y a en France 28 prisons et 68 000 détenus.

Pour  lutter contre l’illettrisme parmi les détenus de la  maison d’arrêt de Varces près de Grenoble, nous avons fourni l’an dernier un  dictionnaire Larousse de poche à chaque détenu. Le dictionnaire est un véritable outil de travail pour les détenus.

Ce 10 mai 2016, avec le RC de Bourgoin la Tour du Pin et notre Gouverneur Joël Bessière, nous portons 300 dictionnaires Larousse de poche 2016 aux détenus du centre de détention de Saint Quentin-Fallavier.

L’an dernier également, j’ai fait venir à Madagascar 1150 dictionnaires Larousse de poche 2015. Nous les avons distribués aux enseignants et dans les prisons. Cette action répond à un besoin et à une demande.

Nous avons le devoir de contribuer au combat contre l’illettrisme et l’analphabétisme dans toute la « francophonie du Sud ». 

Analphabète rime avec non francophone.
Au Sénégal, berceau de la francophonie africaine, il y a au moins 65 % d’analphabètes.
Au Maroc, plus de 50 % de la population est analphabète et donc une maîtrise quasi nulle de la langue française.

« Il nous faut refuser que la langue française, que nous avons jadis imposée dans ces pays, devienne aujourd’hui complice de l’inégalité sociale et de l’échec scolaire ».

Je pense que la télévision qui est une grande anesthésiste, n’aide pas à lutter contre l’illettrisme.
La télévision disqualifie le désir de « l’in-connu ».
Année après année, elle brise le courage et l’envie intellectuelle des téléspectateurs.
« Vous ne courrez jamais le risque de ne pas comprendre, parce que justement  il n’y a rien à comprendre ».
La prévisibilité de la production télévisuelle nous tire vers le degré zéro de la compréhension.
Elle éteint notre esprit critique, elle conduit les enfants et leurs parents à la paresse et à la crédulité.
Toute invitation à la lecture devient alors un impossible exploit.
La télévision qui ouvre uniquement au papotage, à l’anecdote, au contact superficiel et à l’émotion, rend réfractaire à la lecture et à l’écriture.

« La médiocrité grandissante de médias complices, la baisse progressive des exigences scolaires ont laissé s’installer une terrible inculture historique, littéraire et scientifique. Pire encore s’est généralisée une forme de méfiance envers tout ce qui ressemble de près ou de loin à une réflexion intellectuelle. Oubliés le questionnement ferme, le raisonnement rigoureux, la réfutation exigeante ; toutes activités tenues aujourd’hui pour ringardes et terriblement ennuyeuses, remplacées par le plaisir immédiat, l’imprécision et la passivité ».

Le contraire de ce que conseille  Jacqueline de Romilly, cette grande dame :
«  Apprendre à penser, à réfléchir, à être précis, à peser les termes de son discours, à échanger les concepts, à écouter l’autre, c’est être capable de dialoguer ; c’est le seul moyen d’endiguer la violence qui monte en nous. La parole est le rempart contre la bestialité. »

Maurice Collin
Responsable lutte contre l’illettrisme District 1780

A propos Jean GAIDA

Animation blog du District 1780
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